Le mot euthyna (εὑθύνα en grec ancien) ou « reddition des comptes », désignait les procédures de contrôles de la magistrature, institution à part entière de la démocratie athénienne durant l’Antiquité.
Chaque année, la nomination de la majorité des magistrats de la cité, se faisait par tirage au sort parmi les citoyens, à l’aide de la machine à tirer au sort, le Klérotèrion (cliquez sur l’image pour en savoir plus).
Les magistrats, étaient les citoyens désignés pour remplir l’une des dix fonctions publiques suivantes : le génie civil, la police, les finances, la justice, l’application des peines, la défense, l’inspection, la présidence des assemblées et la religion.
Etait confiée aux magistrats, la charge d’exécuter les décisions des citoyens et de gérer les affaires courantes.
La plupart des magistrats, surtout ceux qui réalisaient des maniements de fonds publics, étaient soumis à une juridiction pénale. Ils devaient présenter leurs comptes à une commission de commissaires des comptes, les logistes, tirés au sort.
Si les logistes trouvaient la comptabilité en règle, ils dressaient un certificat d’apurement, et rapportaient au tribunal, seul compétent pour donner décharge.
Les logistes vérifiaient les écritures comptables de tous les magistrats. Cette vérification partielle et provisoire préparait la reddition des comptes totale et définitive qui avait lieu après la clôture de l’exercice, et à laquelle participaient les redresseurs ou euthynes.
Outre la reddition des comptes au sens étroit et précis, il y avait donc dans le droit public d’Athènes une reddition des comptes au sens large, l’euthyna.
Ainsi, l’euthyna ne se limitait pas au seul examen comptable à la fin du mandat du magistrat, mais portait également sur sa gestion financière, et sur l’ensemble de sa conduite durant sa charge.
La « reddition des comptes » régulière faisait partie des qualités de l’homme d’Etat dans la cité démocratique antique.
Bien rendre ses comptes faisait partie des qualités essentielles du bon magistrat, donc du bon citoyen.

